L'essentiel
Clairette de Die doit renoncer à son effervescent rosé

Le pétillant rosé de l’AOC Clairette de Die n’existe plus. Ainsi en a décidé, par un arrêt, le conseil d’État qui annule l’homologation publiée en novembre 2016 par le ministère de l’Agriculture. En 2016, les producteurs du pays diois avaient entamé la vente de 4 000 hectolitres et ils commercialisent actuellement la récolte 2017. « C’est la stupeur », explique Fabien Lombard, président du syndicat. « Nous avions travaillé ce dossier d’extension de l’appellation depuis 2010 avec l’INAO. Et nous avons une antériorité très ancienne de la production de ce vin effervescent rosé, depuis le XIXe siècle, avec des cépages rouges présents sur place depuis toujours. Nous étudions la possibilité de saisir la Cour de justice de l’Union européenne et cherchons une solution pour la récolte 2017 ». Selon lui, cette décision qui place les producteurs dans une impasse puisqu’ils ne peuvent pas produire autre chose que de l’AOC dans leur zone d’appellation, selon la loi de 1957. « Sauf à obtenir une modification du texte législatif », poursuit Fabien Lombard. Le Conseil d’État avait été saisi, en dernier ressort, après plusieurs procédures judiciaires par l’AOC Bugey-Cerdon qui commercialise elle aussi une version rosée de sa Clairette. Les producteurs de Cerdon estiment qu’il s’agissait d’une concurrence déloyale et de la création d’un nouvel effervescent rosé sans avoir effectué d’étude d’impact. Les vignerons de l’Ain redoutaient de ne plus pouvoir écouler leur production vendue majoritairement localement. Christian Goutorbe  (VSB 1630 du 19 janvier 2018)