L'essentiel
Crémant contre effervescent, la lutte continue

Face à l’engouement mondial pour les effervescents (désormais 1 bouteille sur 10), les opérateurs se multiplient. Les crémants profitent de ce succès avec une production avoisinant les 80 M de cols sur les 8 régions reconnues en AOP. Mais d’autres régions souhaitant profiter de cette opportunité avaient déposé auprès de l’INAO un cahier des charges en IGP effervescent, moins contraignant que l’AOP Crémant. Sur 44 dossiers déposés depuis 2011, la Fédération des crémants avait obtenu, en recours, l’interdiction de production pour 40 appellations, pour plusieurs raisons : « parce que certaines régions n’ont pas d’antériorité de savoir-faire ; la zone de production peut être trop étendue et il y a une multitude de cépages, dont certains sont peu adaptés à la production de vins de base », explique Olivier Sohler, directeur de la fédération nationale des crémants.
Après deux annulations en conseil d’État, quatre dossiers (Pays d’Oc, Comté Tolosan, Coteaux de l’Ain et Vin des Allobroges) viennent d’obtenir une autorisation après publication de 4 arrêtés au JO le 10 novembre. D’où la colère de la Fédération des crémants qui crie au détournement de notoriété. « A quoi sert une décision du conseil d’État si elle n’a aucun effet », proteste Edouard Cassanet, président de la fédération des crémants de Bourgogne. Il réclame à l’INAO d’organiser au plus vite un débat sur la hiérarchisation de l’offre française, par crainte d’une forte augmentation des volumes d’effervescents qui déstabiliserai le marché en 2018. Le groupe Castel a d’ailleurs déjà commencé à commercialiser cet automne 3 références de Pays d’Oc mousseux Roche Mazet sans attendre le décret. Frédérique Hermine (VSB 1628 du 15 décembre 2017)